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Votre permis vient d'être suspendu Avocat en droit routier — rétention, arrêté préfectoral et suspension judiciaire

Votre permis a été retenu lors d'un contrôle, ou vous venez de recevoir un arrêté préfectoral. Deux délais courent déjà : celui de la rétention, qui se compte en heures, et celui du recours contre l'arrêté, qui se compte en semaines. Envoyez-nous la pièce que vous avez reçue : nous vous disons ce qui est attaquable, devant quel juge, et dans quel délai.

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Domaine d'intervention

  • Permis retenu sur place
  • Arrêté préfectoral de suspension
  • Convocation devant le tribunal
  • Suspension pour alcool ou stupéfiants
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Automobiliste tenant son permis de conduire

Deux décisions, deux juges

Qui a suspendu votre permis : le préfet ou le tribunal ?

C'est la première question à trancher, parce qu'elle décide de tout le reste — du délai qui vous reste, du juge à saisir et du recours à engager. Les deux décisions peuvent se succéder pour les mêmes faits.

  • Suspension administrative

    Une mesure de police prise par le préfet, sans audience et sans qu'un juge se soit prononcé sur votre culpabilité.

    Qui décide
    Le préfet, par arrêté, après la rétention de votre permis par les forces de l'ordre.
    Quand
    Dans les jours qui suivent le contrôle. L'arrêté doit vous être notifié avant l'expiration du délai de rétention.
    Durée
    Jusqu'à six mois, portée à un an en cas d'alcoolémie, de stupéfiants, de refus de se soumettre ou d'accident ayant causé un dommage corporel.
    Comment la contester
    Recours gracieux auprès du préfet, recours hiérarchique auprès du ministre de l'Intérieur, requête devant le tribunal administratif dans les deux mois — assortie d'un référé-suspension lorsque l'urgence le justifie.
  • Suspension judiciaire

    Une peine complémentaire prononcée par un tribunal, à l'issue d'une audience où votre défense a pu être plaidée.

    Qui décide
    Le tribunal de police pour une contravention, le tribunal correctionnel pour un délit routier.
    Quand
    À l'audience, souvent plusieurs mois après les faits — le temps pendant lequel la défense se prépare.
    Durée
    Jusqu'à trois ans selon l'infraction retenue, davantage lorsque l'infraction a causé la mort ou des blessures.
    Comment la contester
    Appel du jugement dans le délai qui suit sa notification, opposition en cas d'ordonnance pénale, ou requête en relèvement de la mesure une fois la décision définitive.

Les deux ne s'additionnent pas : la suspension administrative déjà exécutée s'impute sur celle que le tribunal prononce ensuite pour les mêmes faits. C'est aussi pourquoi une suspension administrative subie sans réagir n'est pas neutre — elle installe une durée que l'audience ne fait souvent que confirmer.

Le déroulé

Ce qui se passe, et dans quel ordre

Cinq étapes, chacune avec son propre délai. La plupart des dossiers que nous reprenons trop tard ont perdu à la deuxième : l'arrêté était notifié depuis plus de deux mois.

La rétention de votre permis n'est pas la suspension : c'est la mesure provisoire qui précède l'arrêté. Les deux se contestent, mais pas au même moment ni devant la même autorité.

  1. Étape 1Le permis est retenu sur place

    Les forces de l'ordre conservent votre titre et vous remettent un avis de rétention. Vous ne pouvez plus conduire. Ce délai peut être plus long lorsqu'une analyse doit confirmer un état alcoolique ou un usage de stupéfiants. Si aucun arrêté ne vous est notifié avant son terme, la rétention cesse et votre permis doit vous être rendu.

  2. Étape 2Le préfet notifie l'arrêté de suspension

    L'arrêté vous parvient par courrier ou vous est remis en main propre. C'est cette date, et non celle du contrôle, qui ouvre le délai de recours. Conservez l'enveloppe et l'accusé de réception : la date de notification est le premier point que nous vérifions, et elle est régulièrement contestable.

  3. Étape 3Les recours contre l'arrêté

    Recours gracieux, recours hiérarchique, requête en annulation devant le tribunal administratif. Un référé-suspension peut y être joint pour faire cesser les effets de l'arrêté en quelques semaines, sans attendre le jugement au fond.

  4. Étape 4L'audience pénale

    Le tribunal de police ou le tribunal correctionnel statue sur l'infraction elle-même et peut prononcer une suspension à titre de peine. C'est là que se plaident la nullité de la procédure, votre situation professionnelle et le choix de la peine.

  5. Étape 5La restitution du permis

    Le titre n'est pas rendu automatiquement : une visite médicale devant un médecin agréé est exigée dans la plupart des cas, et des tests psychotechniques s'y ajoutent lorsque la suspension atteint six mois. Ces rendez-vous se prennent avant la fin de la suspension, sans quoi vous restez sans permis après son terme.

Nos moyens de défense

Ce qui est réellement contestable dans votre dossier

Un arrêté de suspension est un acte administratif : il obéit à des règles de forme, de compétence et de délai, et chacune de ces règles non respectée est une cause d'annulation. Voici ce que nous cherchons en lisant vos pièces.

  • Le délai de rétention n'a pas été tenu

    L'arrêté doit vous être notifié avant l'expiration de la rétention. Notifié après, il prive la mesure de son fondement et votre permis doit vous être restitué.

  • L'arrêté n'est pas motivé

    Une décision défavorable doit énoncer les faits et les textes sur lesquels elle se fonde. Une motivation stéréotypée, qui n'indique ni le taux relevé ni les circonstances, est attaquable comme telle.

  • L'auteur de l'acte était incompétent

    L'arrêté est rarement signé par le préfet en personne. La délégation de signature doit exister, viser expressément cette matière et avoir été régulièrement publiée.

  • L'appareil de mesure n'était pas en règle

    Un éthylomètre doit être homologué et vérifié chaque année. Le second souffle doit avoir été proposé et figurer au procès-verbal. Un cinémomètre doit porter sa vérification à jour.

  • Le dépistage est irrégulier

    Pour les stupéfiants, la chaîne de prélèvement, les délais d'acheminement et l'analyse de confirmation doivent être traçables. Vous avez également le droit de demander une analyse de contrôle.

  • La durée est disproportionnée

    Même régulier en la forme, un arrêté peut être excessif au regard des faits reprochés, de vos antécédents et des conséquences professionnelles de la mesure. C'est un moyen à part entière, pas un argument d'indulgence.

Les voies de recours

Quatre recours, quatre délais à ne pas manquer

Ils peuvent être engagés ensemble. Le seul qui interrompe réellement les effets de la suspension avant le jugement est le référé — c'est la raison pour laquelle il est presque toujours joint à la requête.

  1. Recours gracieux

    Le préfet qui a pris l'arrêté

    Une demande de retrait ou de réduction adressée à l'auteur de la décision, pièces à l'appui. Utile lorsque l'irrégularité est manifeste ou la situation professionnelle documentée — et il conserve le délai contentieux.

  2. Recours hiérarchique

    Le ministre de l'Intérieur

    La même demande portée devant l'autorité supérieure. Il se cumule avec le recours gracieux et n'interdit pas de saisir ensuite le tribunal.

  3. Requête en annulation

    Le tribunal administratif

    Le recours au fond : il demande au juge d'annuler l'arrêté pour excès de pouvoir. L'annulation efface la mesure et ouvre droit à réparation du préjudice qu'elle a causé.

  4. Référé-suspension

    Le juge des référés

    Joint à la requête, il fait cesser les effets de l'arrêté en quelques semaines lorsque deux conditions sont réunies : l'urgence — votre emploi dépend du permis — et un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Les délais indiqués courent à compter de la notification de la décision, et non de la date des faits ni de celle du contrôle. C'est la première chose que nous vérifions dans votre dossier : une notification irrégulière rend le délai inopposable et rouvre un recours que l'on croyait perdu.

Ce que la suspension change

Les conséquences au-delà de la conduite

Une suspension ne se limite pas à ne plus prendre le volant. Ces points sont ceux qui reviennent le plus souvent au téléphone, et plusieurs se préparent avant l'audience plutôt qu'après.

  • Conduire malgré la suspension est un délit

    Ce n'est plus une contravention mais un délit jugé par le tribunal correctionnel, passible d'emprisonnement, d'une amende de plusieurs milliers d'euros et de la confiscation du véhicule. C'est l'erreur la plus lourde à réparer.

  • Le permis blanc n'est plus une option

    L'aménagement qui permettait de conduire pendant les heures de travail a été fermé aux délits routiers par la loi du 14 mars 2011. Votre situation professionnelle se défend donc en amont, sur la durée de la mesure et sur le choix de la peine.

  • Votre assurance en est informée

    Une suspension pour alcoolémie ou stupéfiants autorise l'assureur à majorer la prime ou à résilier le contrat, et la déclaration est à votre charge. En cas de sinistre survenu pendant la suspension, la garantie peut être refusée.

  • Le titre ne revient pas de lui-même

    Visite médicale devant un médecin agréé, tests psychotechniques au-delà d'une certaine durée, parfois nouvel examen : les démarches se font pendant la suspension pour que le permis soit valable dès son terme.

  • L'employeur peut être concerné

    Lorsque la conduite est une condition d'exercice du poste, la suspension peut fonder une mesure disciplinaire, voire un licenciement. La durée obtenue et le calendrier de la mesure pèsent directement sur cette issue.

  • Les points, eux, restent en jeu

    La suspension est indépendante du retrait de points prononcé pour la même infraction. Un solde qui tombe à zéro entraîne une invalidation, qui est une autre procédure et un autre recours.

Questions fréquentes

Vos questions sur la suspension de permis

Les questions que l'on nous pose le plus souvent dans les jours qui suivent un contrôle, avec des réponses complètes plutôt qu'une invitation à rappeler.

Avocate en droit routier joignable pour répondre à vos questions

Votre question n'est pas là ? Un avocat du cabinet vous répond directement, sans engagement.

Combien de temps peut durer une suspension de permis ?

Une suspension administrative prononcée par le préfet est limitée à six mois, portée à un an lorsque les faits relèvent d'une alcoolémie, d'un usage de stupéfiants, d'un refus de se soumettre au dépistage ou d'un accident ayant causé un dommage corporel. Une suspension judiciaire prononcée par un tribunal peut atteindre trois ans, et davantage lorsque l'infraction a causé la mort ou des blessures. Ce sont des maximums prévus par la loi : la durée réellement décidée dépend des faits, de vos antécédents et de ce qui est plaidé.

La suspension administrative et la suspension judiciaire s'additionnent-elles ?

Non. Lorsque le tribunal prononce ensuite une suspension pour les mêmes faits, la durée déjà exécutée au titre de la mesure préfectorale s'impute sur celle qu'il décide. En revanche, la suspension administrative s'exécute immédiatement, sans attendre l'audience : c'est pourquoi elle se conteste pour elle-même, devant le tribunal administratif, et non à l'audience pénale.

Puis-je conduire pendant la suspension de mon permis ?

Non, en aucun cas, et prendre le volant malgré une suspension notifiée est un délit distinct — jugé par le tribunal correctionnel, passible d'emprisonnement, d'une amende de plusieurs milliers d'euros et de la confiscation du véhicule. Le « permis blanc », qui autorisait à conduire pendant les heures de travail, n'est plus possible pour les délits routiers depuis la loi du 14 mars 2011. La seule voie pour reconduire avant le terme de la mesure est de faire suspendre ou annuler l'arrêté lui-même.

Le référé-suspension permet-il vraiment de reconduire rapidement ?

C'est le seul recours qui peut faire cesser les effets d'un arrêté en quelques semaines, avant que le tribunal ne juge l'affaire au fond. Il suppose deux conditions réunies : une urgence — le plus souvent un emploi qui dépend du permis, documenté par le contrat, les fiches de paie et l'attestation de l'employeur — et un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté, c'est-à-dire un moyen de droit solide. Sans dossier de pièces, l'urgence n'est pas retenue. Aucun avocat ne peut vous garantir la décision du juge des référés, mais un dossier préparé change son issue.

Que faire si je n'ai jamais reçu l'arrêté de suspension ?

C'est une situation fréquente et elle joue en votre faveur : le délai de recours de deux mois ne court qu'à compter d'une notification régulière. Un arrêté envoyé à une ancienne adresse, un pli retourné sans avoir été présenté, une remise dont l'administration ne peut pas justifier — chacun de ces cas est susceptible de rendre le délai inopposable, et donc de rouvrir un recours que l'on croyait perdu. Ne détruisez rien : l'enveloppe et l'avis de passage sont des pièces.

Comment récupérer mon permis après une suspension ?

Le titre n'est pas restitué automatiquement à la fin de la mesure. Une visite médicale devant un médecin agréé par la préfecture est exigée dans la plupart des cas, et des tests psychotechniques s'y ajoutent lorsque la suspension atteint six mois. Ces rendez-vous se prennent pendant la suspension, car les délais d'obtention sont longs : engagées trop tard, les démarches vous laissent sans permis plusieurs semaines après le terme de la mesure. Au-delà d'une certaine durée, le permis doit être repassé.

Faut-il un avocat pour contester un arrêté de suspension ?

La requête devant le tribunal administratif peut être déposée seule, sans avocat. En pratique, ce qui décide de l'issue n'est pas la requête mais les moyens qu'elle soulève : compétence du signataire, motivation de l'acte, régularité de la rétention et du procès-verbal, homologation et vérification de l'appareil de mesure. Ce sont des points qui se lisent dans les pièces et se rédigent en droit. Nous vous le dirons franchement lors de l'analyse si votre dossier ne présente aucun moyen sérieux — c'est aussi une réponse utile.

Combien de temps avant que mon dossier soit examiné ?

Un référé-suspension est audiencé en quelques semaines, parfois en quelques jours lorsque l'urgence est caractérisée. Le jugement au fond sur l'annulation de l'arrêté demande plusieurs mois, et intervient souvent après le terme de la suspension elle-même — ce qui n'ôte rien à son intérêt : l'annulation efface la mesure de votre dossier et ouvre droit à réparation du préjudice qu'elle a causé.

Ces réponses sont générales et ne constituent pas une consultation juridique. Les durées et les délais cités sont ceux prévus par la loi : seul l'examen de vos pièces permet de déterminer ce qui est contestable dans votre dossier et ce qui s'y applique. Demander une analyse.

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Le délai de deux mois court déjà

Avis de rétention, arrêté préfectoral, convocation devant le tribunal : envoyez-nous la pièce que vous avez reçue. Nous vérifions la date de notification, les moyens qui restent ouverts et le recours utile — avant que vous n'engagiez quoi que ce soit.

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